Je suis une robe, pendue dans le dressing. Je sais que ce premier postulat est ambigu, comme souvent à mon habitude, j'aime jouer avec les doubles sens...

J'achète en moyenne une robe par semaine. Ma démarche va au-delà du superficiel, je ne veux pas simplement être jolie dedans…

Tout un univers se dessine, j’imagine le lieu, la situation et la personne pour qui je la porterais… J’ai plaisir à acheter une robe, comme si c’était un déguisement magique qui allait m’aider à réaliser mes rêves.

rita_hayworth_et_fred_astai_826774876_north_545x

Pourtant, à chaque fois elles finissent comme des peaux de chagrin à 5 ou 6 sur un cintre en ayant connu l’ombre du dressing et l’ombre de mon désespoir.

A quoi bon porter de belles robes, si elles ne s’adressent à personne en particulier ?  A quoi bon me faire belle, si je n’ai personne d’autre à honorer que moi-même ?

A force de retirer mes robes précipitamment et de les laisser glisser au sol comme pour oublier les espoirs que j'avais nourri en elles, je finis par me dire que je retire une partie de moi désillusionnée. Oui, la robe fait partie de moi, elle est ma peau.

Je préfère finir à terre comme elles plutôt que de terminer pendue dans mon dressing.

S.

images